LA PEUR, QU’EST-CE, D’OÙ VIENT-ELLE, QU’EN FAIRE?


La peur, une des six émotions primaires universelles, « accompagne la prise de conscience d’un danger réel ou imaginaire » (Nouveau Petit Robert). C’est un état de tension désagréable que l’organisme s’efforce d’éliminer ou de réduire, selon les comportementalistes qui ont développé la théorie des apprentissages. D’après eux, on apprend un comportement, par exemple la fuite vers un abri lorsqu’un chien aboie, qui vise à diminuer ou à éliminer la peur.

Si cette émotion peut être considérée comme positive car elle permet de s’éloigner de situations dangereuses, elle peut devenir pathologique lorsqu’elle perturbe la qualité de vie. La personne n’est plus capable de s’adapter aux diverses situations mais réagit de façon figée et exagérée.

En art-thérapie, les personnes aidées mentionnent assez fréquemment différentes peurs dont elles souffrent et souhaitent se défaire: peur d’aller à l’école, peur des changements, peur de revivre un événement, peur des autres…

Ces peurs ont cristallisé des réactions qui amènent la personne à ne plus vouloir sortir, ne plus vouloir aller dans certains endroits, ne plus vouloir faire certaines choses…

Sans entrer directement dans la description ou la compréhension des événements, l’art-thérapeute proposera d’entrer en création, ce qui mettra la personne aidée en mouvement physique et psychique, quelle que soit la médiation choisie (peinture, argile, musique, danse, jeu scénique ou mots). Le focus sera mis sur un nouvel élément, comme une peinture réalisée à l’aide de ficelle, un texte rédigé avec des mots tirés d’un journal, une danse effectuée sur un coussin… laissant de côté l’objectif de départ. Par cette technique du détour, cette situation pourra être exprimée sous forme symbolique. Un temps de parole en fin de séance permettra à la personne aidée de mettre des mots sur ce qui est advenu et de le relier à elle-même.

La forme de la voiture parlera soudain d’un accident survenu quelques années auparavant, une mélodie rappellera subitement le monde intérieur de son enfance déchirée ou une « crotte » parlera du ressenti de soi face à un père violent.

Exprimer cette peur de cette autre manière permettra d’y faire face et de prendre de la distance : ce pan de vie ou cet événement prendra un nouveau sens et se « reconstruira » alors différemment. Ce premier travail créera un changement sur le plan du corps et de l’âme. Il pourra être complété sur le plan spirituel, la Bible parlant aussi de la peur éprouvée par Adam et Eve au moment où ils mangèrent le fruit défendu et qu’il y eut rupture dans leur relation à Dieu. Mais, par la mort de Jésus, nous retrouvons pleinement notre relation à Dieu et pouvons alors découvrir l’amour du Père pour nous ses enfants. « Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion… il dit à ses serviteurs : allez chercher un habit, passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales… nous allons faire un grand festin et nous réjouir. Car voici, mon fils était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et je l’ai retrouvé » (Luc 15: 20-24). Dans cette relation pleine, il n’y a plus de place pour la peur. « L’amour parfait bannit la crainte » (1 Jean 4:18).

Noémi Vuilleumier
Art- thérapeute

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