SOUFFRANCE ET SOLITUDE

Jean 16, v32 : « Eh bien, le moment vient, et il est déjà là, où vous serez tous dispersés, chacun retournera chez soi et vous me laisserez seul. Non, je ne suis pas vraiment seul, car le Père est avec moi. »

Ces paroles de Jésus résonnent dans mon coeur. Combien de personnes en souffrance, autour de nous, vivent aujourd’hui aussi cette même solitude douloureuse ? Savent-elles, comme Jésus, que même si leurs amis les délaissent, Dieu est présent ?

Je rencontre Jésus à Gethsémané, à quelques heures de son supplice. Il sent son coeur défaillir, « plein d’une tristesse mortelle ». Il appelle trois disciples, des amis, et leur demande instamment de ne pas le laisser seul, de veiller avec lui. Il dit son besoin : tout seul, c’est trop dur. Heureusement, un ange vient le fortifier, secours divin, tendresse de Son Père.

Quand Jésus retourne vers les disciples, ils dorment. Le texte, pudique, ne nous dit pas quels sentiments traversent Jésus. Tout de même, il les secoue pour les réveiller. Il les réveillera encore une fois, plus tard dans la nuit, et encore une fois. Ses amis sont fatigués. Ils dorment, eux qui lui avaient fait des promesses d’amitié et juré leur fidélité.

Jésus a cherché du soutien, auprès de Son Père, auprès de Ses amis. Silence et sommeil font écho à Ses appels dans la nuit. Pourtant, il y a eu du monde autour de Jésus lors de ces heures funestes ! La foule houleuse, indécise et manipulée, les toges religieuses qui accomplissent sans le savoir les prophéties des livres saints. Les Romains en armes. Les enfants en larmes. Et disséminés çà et là, les disciples, les amis, les femmes : impuissants, terrorisés, dépassés par le drame. La clameur des voix enragées hostiles couvre les pleurs brisés de ceux qui l’aiment.

Je scrute la foule à la recherche d’un geste bienveillant, d’un regard de lumière. Ce que raconte le texte, c’est le mal. Les crachats, les épines, les fouets, les gifles, les humiliations, les insultes. Et voilà qu’un inconnu devient le prochain contraint de Jésus. Mon coeur oppressé se détend avec l’irruption de Simon de Cyrène.

Enfin, Jésus reçoit de l’aide, une aide qui soulage vraiment. Simon accompagne Jésus vers le calvaire en portant l’énorme bois. Jésus mourra en souffrant, Il le sait. Mais, juste maintenant, il y a à côté de lui les sandales d’un homme qui marche pesamment en transpirant. Jésus aspire de l’espoir par petits souffles à ses côtés. Simon incarne l’humain que Jésus aime et connaît. Pour un instant, la foule haineuse et ses cris de mort venimeux s’atténuent. Il goûte aux bienfaits de la présence dans ce compagnonnage ingrat.

Voilà ce qu’il faudrait à chaque personne qui marche dans l’épreuve : un Simon, une Simone. Au Point d’Eau, nous nous efforçons d’accompagner chacun et chacune dans le respect, l’écoute, en espérant un renouveau réel. Notre mission est humble, secrète et indispensable.

Priscille Hunziker
Psychologue

 

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